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Guide pratique : développer la participation des personnes accueillies en épicerie solidaire
Publié le : 28 octobre 2026
Depuis leur création, les épiceries solidaires placent la liberté de choix, la dignité et l’autonomie des personnes au cœur de leur modèle. De nombreuses structures du réseau associent déjà les clients bénéficiaires à leur fonctionnement, parfois sans identifier pleinement ces pratiques comme une démarche de participation. Andès a donc souhaité formaliser une vision commune, valoriser les initiatives existantes et proposer des repères concrets à toutes les épiceries qui souhaitent aller plus loin.
Qu’est-ce que la participation des personnes accueillies ?
La participation des personnes accueillies consiste à associer celles et ceux qui vivent ou ont vécu une situation de précarité aux projets et aux dispositifs qui les concernent.
Dans une épicerie solidaire, elle peut prendre différentes formes : recueillir l’avis des personnes accueillies, leur permettre de proposer des idées, construire des activités avec elles, leur confier des responsabilités ou encore les associer aux décisions de la structure.
La participation ne doit pas devenir une obligation pour les bénéficiaires. Elle consiste à créer les conditions permettant à chacun, s’il le souhaite, de s’exprimer, d’agir et de prendre part à la vie de l’épicerie.
Pourquoi développer la participation en épicerie solidaire ?
Les épiceries solidaires ne sont pas seulement des lieux d’accès à des produits alimentaires à prix réduits. Elles proposent une aide fondée sur le choix, la dignité, l’écoute, l’accompagnement et le lien social.
Dans cette logique, la participation permet de passer d’une démarche construite pour les personnes accueillies à une démarche pensée et mise en œuvre avec elles.
Les personnes concernées ont une connaissance de leurs besoins, de leurs contraintes et de leur expérience de l’aide alimentaire. Prendre en compte cette expertise permet de proposer des réponses plus pertinentes et mieux adaptées aux réalités vécues.
La participation contribue également à développer le pouvoir d’agir des personnes accueillies. Elle peut leur permettre de valoriser leurs compétences, de reprendre confiance, de créer du lien et de jouer un rôle actif dans les sujets qui les concernent.
Elle invite enfin les équipes à questionner leurs pratiques et les relations entre salariés, bénévoles et personnes accueillies. Comme le résume Corinne, salariée d’une épicerie du réseau Andès : « Faire avec les personnes, c’est apprendre à laisser la place, à faire confiance et se remettre en question. »
Comment faire participer les personnes accueillies ?
Il n’existe pas une seule forme de participation. Celle-ci peut commencer par une meilleure information sur le fonctionnement de l’épicerie et par la création d’espaces permettant aux personnes accueillies d’exprimer leurs besoins et leurs idées.
Elle peut ensuite se traduire par différentes formes d’implication :
- répondre à un questionnaire ou participer à un temps d’échange ;
- proposer ou coanimer une activité ;
- transmettre un savoir-faire ;
- devenir bénévole au sein de l’épicerie ;
- rejoindre un groupe de travail ou une instance consultative ;
- participer aux décisions ou à la gouvernance de la structure.
Chaque épicerie peut avancer progressivement, selon son fonctionnement, ses moyens et les attentes des personnes accueillies. L’essentiel est de mettre en place les bonnes conditions pour une participation libre et accessible.
Un guide pratique construit avec les épiceries solidaires
Pour partager les pratiques du réseau et aider les structures à avancer sur ce sujet, Andès publie le guide
« Faire ensemble dans les épiceries solidaires : la participation des personnes accueillies ».
Ce guide est issu d’un travail collectif mené en 2024 et 2025 avec 15 épiceries solidaires du réseau. Salariés, bénévoles et personnes accueillies ont participé aux échanges et à la construction de son contenu.
Conçu par et pour les épiceries solidaires, il peut également être utilisé par les associations, les CCAS, les collectivités territoriales et les autres acteurs engagés dans la lutte contre la précarité alimentaire.
Il rassemble huit fiches pratiques pour :
- mobiliser les équipes autour de la participation ;
- définir, suivre et évaluer une démarche ;
- faire évoluer l’accueil en épicerie solidaire ;
- associer les personnes à la planification et à l’animation des activités ;
- faire entendre la voix des personnes accueillies ;
- ouvrir le bénévolat à toutes et tous ;
- développer une gouvernance plus inclusive ;
- reconnaître et valoriser l’engagement des personnes.
Le guide propose également des témoignages, des exemples issus du réseau, des grilles de réflexion, des questionnaires et des outils d’auto-évaluation.
Il ne présente pas un modèle unique à reproduire. Chaque structure peut s’en saisir selon son contexte, ses pratiques et l’avancement de sa réflexion, afin de faire progressivement évoluer son fonctionnement avec les personnes accueillies.
Téléchargez le Guide pratique
Pour aller plus loin : les outils du Cocolupa
La Direction générale de la cohésion sociale propose également plusieurs ressources élaborées dans le cadre du groupe de travail « Renforcement du pouvoir d’agir » du Comité national de coordination de la lutte contre la précarité alimentaire (Cocolupa) :
- une affiche présentant les principes fondamentaux d’un accueil de qualité ;
- dix fiches pratiques pour renforcer concrètement le pouvoir d’agir des personnes accueillies ;
- une notice destinée à faciliter l’appropriation et l’utilisation de ces outils.
Ces ressources complètent le guide d’Andès et peuvent être partagées avec les équipes salariées et bénévoles des structures d’aide alimentaire.
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