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Baromètre 2026 : la précarité alimentaire s’installe durablement chez les travailleurs pauvres

 

Publié le : 15 juin 2026

Pour la deuxième année consécutive, Andès publie son Baromètre national sur la vie quotidienne et l’alimentation des travailleurs pauvres, réalisé avec Ipsos bva. 

Cette nouvelle édition met en évidence une dégradation préoccupante de la précarité alimentaire. Si la proportion de travailleurs pauvres confrontés à des privations reste globalement stable, celles-ci deviennent plus fréquentes, plus durables et plus intenses. 

Restrictions alimentaires, repas supprimés, renoncements à des dépenses essentielles, sentiment d’abandon : aujourd’hui, avoir un emploi ne protège plus toujours de la faim et de la précarité. 

Les résultats complets et la synthèse du baromètre sont disponibles en téléchargement après avoir complété le formulaire ci-dessous.

La privation s’intensifie : de la restriction à la privation régulière 

Le principal enseignement du baromètre 2026 est sans appel : la précarité alimentaire ne recule pas, elle s’intensifie en fréquence. 

  • 49 % des travailleurs pauvres déclarent être souvent contraints de se restreindre alimentairement en raison de leur situation financière, contre 45 % en 2025. 

Face à la hausse persistante du coût de la vie, l’alimentation s’impose plus que jamais comme la principale variable d’ajustement des budgets : 

  • 54 % déclarent restreindre leurs quantités de nourriture et ne pas manger à leur faim ; 
  • 40 % sautent plusieurs repas par semaine pour permettre à d’autres membres de leur foyer de manger ; 
  • 68 % ne mangent pas suffisamment de fruits et légumes frais, dont 41 % souvent ou très souvent (+5 points en un an) ; 
  • 69 % ont dû réduire des dépenses vitales liées à l’alimentation, la santé, l’hygiène ou l’énergie. 

 

Les familles monoparentales particulièrement touchées 

La situation est particulièrement préoccupante pour les familles monoparentales. 

Plus de la moitié des parents concernés déclarent sauter eux-mêmes des repas afin que leurs enfants puissent manger, tandis que 82 % ont dû réduire régulièrement des dépenses vitales au cours de l’année écoulée (+13 points par rapport à 2025). 

Ces résultats montrent que la précarité alimentaire ne touche pas uniquement les adultes : elle a également des conséquences directes sur l’alimentation et les conditions de vie des enfants. 

 

Un faible recours aux aides qui nourrit un profond sentiment d’abandon 

Le deuxième enseignement majeur du baromètre concerne le recul du recours aux aides alimentaires. 

Alors même que les difficultés persistent, seuls 32 % des travailleurs pauvres déclarent avoir bénéficié d’au moins une aide alimentaire en 2026, contre 36 % l’année précédente. 

Cette baisse met en lumière l’ampleur du non-recours. Méconnaissance des dispositifs existants, effets de seuil, complexité des démarches administratives ou encore sentiment de honte : les freins restent nombreux. 

Dans ce contexte, le sentiment d’abandon progresse : 

  • 85 % des travailleurs pauvres déclarent se sentir abandonnés par les pouvoirs publics ; 
  • 72 % estiment être exposés à un risque réel de forte précarité dans les prochains mois ; 
  • 63 % déclarent ressentir un fort sentiment de solitude. 

Au-delà des difficultés économiques, ces résultats témoignent d’un véritable décrochage social. 

 

Une réalité observée chaque jour dans les épiceries solidaires 

Ces résultats font écho aux constats observés quotidiennement dans les épiceries solidaires du réseau Andès. 

Aujourd’hui, 43 % des personnes accompagnées dans les 635 épiceries solidaires du réseau sont présentes sur le marché du travail. Une proportion qui témoigne de l’installation durable de nouvelles formes de précarité, touchant des personnes qui travaillent mais peinent à couvrir leurs besoins essentiels. 

À travers ce baromètre, Andès souhaite contribuer à rendre visible cette réalité encore trop souvent méconnue et nourrir le débat public sur la précarité alimentaire, l’aide alimentaire et les conditions de vie des travailleurs pauvres. 

 

A propos de l’étude 

Cette enquête a été réalisée par Ipsos bva pour Andès auprès d’un échantillon national de 1 000 travailleurs pauvres. 

Les travailleurs pauvres sont des personnes qui exercent une activité professionnelle mais dont les revenus demeurent insuffisants pour couvrir l’ensemble de leurs besoins essentiels. Les personnes interrogées sont en situation d’emploi précaire (CDD, intérim, temps partiel subi, contrat aidé, apprentissage) et/ou vivent sous le seuil de pauvreté défini par l’Insee. 

L’objectif du baromètre est de mieux comprendre les réalités vécues par les travailleurs pauvres, d’alerter les pouvoirs publics et de contribuer au débat public sur la précarité alimentaire, l’aide alimentaire et les conditions de vie des personnes en emploi à faibles revenus. 

 

 

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